
On vous a prescrit un PET-scan. La première question qui vient à l’esprit, c’est rarement « comment ça marche ». C’est plutôt : est-ce que ça prend toute la matinée ? Faut-il poser une demi-journée ? Est-ce qu’on mange avant ou pas ? La plupart des réponses trouvées en ligne sont soit trop vagues, soit trop techniques pour être vraiment utiles.
PET-scan et TEP-scan : deux noms pour un seul examen
Petite précision qui évite beaucoup de confusion. Si votre ordonnance indique TEP-scan et que vous cherchez PET-scan en ligne (ou l’inverse), ce sont exactement le même examen. TEP est l’abréviation française de Tomographie par Émission de Positons. PET vient de l’anglais, Positron Emission Tomography. Les deux termes désignent la même machine, le même traceur, le même protocole.
Certains centres l’appellent TEP-TDM quand l’examen est couplé à un scanner classique (le TDM, ou tomodensitométrie, produit des images anatomiques en complément des images fonctionnelles du PET). Un scanner seul permet surtout de voir un cancer avec un scanner sous l’angle anatomique, sans mesurer son activité métabolique, c’est justement ce que le PET vient compléter. Quelle que soit la formulation sur votre ordonnance, vous serez bien au bon endroit.
Pour quelles raisons prescrit-on un PET-scan ?
Ce n’est pas un examen de routine. Il est prescrit dans des situations spécifiques, le plus souvent en lien avec un cancer. Comprendre pourquoi votre médecin vous l’a prescrit peut aider à mieux aborder le rendez-vous.
Évaluer l’étendue d’un cancer
Quand un cancer est diagnostiqué, l’équipe médicale a besoin de savoir s’il est localisé à un organe ou s’il s’est propagé ailleurs dans le corps. Le PET-scan répond à cette question avec une précision que l’IRM ou le scanner classique n’atteignent pas toujours. C’est ce qu’on appelle un bilan d’extension.
Mesurer la réponse à un traitement
Après plusieurs semaines de chimiothérapie ou d’immunothérapie, le PET-scan permet de vérifier si le traitement fonctionne réellement. Les cellules tumorales consomment bien plus de sucre que les cellules saines. Si elles n’absorbent plus le traceur radioactif injecté, c’est que le traitement a réduit leur activité. Il s’agit d’une information décisive pour la suite de la prise en charge.
Détecter une récidive
Pour les patients en rémission (c’est-à-dire dont le cancer n’est plus détectable), le PET-scan peut être prescrit pour s’assurer qu’aucune cellule cancéreuse n’est réapparue. Il peut repérer une récidive du cancer très tôt, avant même que les symptômes se manifestent.
Ce qu’il faut faire (et éviter) la veille et le jour J
Les consignes varient légèrement d’un centre à l’autre. Lisez toujours votre convocation en priorité : elle prime sur tout ce que vous pouvez trouver en ligne. Voici les règles les plus courantes :
- Être à jeun depuis au moins 6 heures avant l’heure du rendez-vous (l’eau plate est non seulement autorisée, elle est fortement conseillée)
- Éviter tout effort physique intense la veille et le matin même, l’activité musculaire pouvant fausser la distribution du traceur dans l’organisme
- Signaler impérativement au centre si vous êtes diabétique, enceinte ou allaitante, car des adaptations spécifiques sont nécessaires
- Apporter vos examens d’imagerie récents et les comptes rendus médicaux en votre possession pour aider le médecin à interpréter les images
Si vous prenez de la Metformine (un médicament contre le diabète comme le Glucophage ou le Stagid), l’arrêt du traitement n’est pas systématique : il est généralement requis uniquement si l’examen est couplé à une injection de produit de contraste iodé, en raison d’un risque d’acidose lactique.
Dans les autres cas, la plupart des centres autorisent la poursuite du traitement habituel. Suivez dans tous les cas les indications précises de votre convocation.
Votre glycémie (taux de sucre dans le sang) sera également contrôlée à l’arrivée : au-delà d’environ 2 g/L (11 mmol/L), le rendez-vous peut être reporté ou le protocole adapté.
Combien de temps dure chaque étape ?
Voici le récapitulatif concret pour organiser votre journée correctement :
| Étape | Durée estimée |
| Accueil, vérifications, préparation | 10 à 20 min |
| Injection du traceur radioactif (FDG) | 5 à 10 min |
| Temps de repos pour la fixation du traceur | 45 à 90 min |
| Acquisition des images sous la caméra | 15 à 30 min |
| Vérification finale par le médecin nucléaire | 10 à 15 min |
| Durée totale au centre | environ 1h30 à 2h45 |
Certains établissements disposent aujourd’hui d’appareils de nouvelle génération, équipés de détecteurs numériques qui réduisent le temps d’acquisition des images à quelques minutes seulement, contre une vingtaine de minutes pour les machines plus anciennes. Ces équipements restent toutefois encore peu répandus, et le temps de repos avant l’acquisition, lui, ne change pas.
L’injection du traceur radioactif : faut-il avoir peur ?
La question revient souvent. Le traceur s’appelle le FDG, ou fluorodésoxyglucose, ce qui désigne tout simplement un sucre légèrement radioactif. Ce sucre est naturellement attiré par les cellules qui consomment beaucoup d’énergie, en particulier les cellules tumorales. Une fois injecté par voie intraveineuse (comme une simple prise de sang dans le bras), il se distribue dans l’organisme en suivant cette logique.
L’injection est indolore pour la quasi-totalité des patients. Quelques-uns signalent une légère chaleur passagère ou un goût bizarre dans la bouche au moment de l’injection. C’est temporaire et sans conséquence. La dose de radioactivité reçue est faible, comparable à celle d’un scanner thoracique classique.
Seule la grossesse constitue une réelle contre-indication à l’examen, sauf urgence médicale absolue justifiant malgré tout sa réalisation. En cas d’allaitement, il ne s’agit pas d’une contre-indication mais d’une précaution : l’allaitement doit être interrompu pendant une durée variable selon les centres, généralement entre 12 et 24 heures, le lait étant tiré et jeté pendant cette période.
Les 45 à 90 minutes d’attente qui suivent l’injection
C’est la phase qui surprend le plus les patients. Après l’injection, vous serez installé dans une pièce calme, allongé, à rester sans bouger et sans parler. Pas de téléphone, pas de lecture active, pas de télévision. Pourquoi ? Parce que la moindre sollicitation musculaire ou cérébrale va concentrer le traceur dans les mauvaises zones, rendant les images inexploitables.
Cette période de repos est indispensable pour que le FDG se fixe correctement aux cellules cibles. La durée varie selon les centres et les protocoles, mais 60 minutes est la moyenne la plus répandue. Certains établissements proposent des couvertures chauffantes pour aider à rester détendu.
Le passage sous la caméra TEP : ce qui se passe vraiment

La position sur la table et la machine
Le patient est allongé sur une table motorisée qui glisse lentement dans un anneau ouvert. Contrairement à ce que beaucoup imaginent, ce n’est pas un tunnel fermé comme pour une IRM. La machine ressemble davantage à un grand scanner. L’acquisition des images dure entre 15 et 30 minutes selon les centres et les zones à examiner. Rester parfaitement immobile pendant toute cette période est la condition principale pour obtenir des images nettes et exploitables.
Le rôle de l’équipe soignante
Un médecin nucléaire supervise l’examen depuis une salle de contrôle adjacente, à quelques mètres seulement. Un interphone permet de communiquer à tout moment si vous ressentez le besoin d’une aide. Si les premières images ne sont pas suffisamment exploitables, une acquisition complémentaire peut être réalisée avant votre départ. Le médecin valide systématiquement la qualité des images avant que vous quittiez le centre.
Ce que vous devez faire dans les heures qui suivent
L’examen terminé, le traceur FDG est encore présent dans l’organisme. Il est éliminé naturellement par les reins, mais quelques précautions simples s’imposent pendant quelques heures :
- Boire beaucoup d’eau pour accélérer l’élimination du traceur via les urines
- Éviter le contact prolongé avec les nourrissons, les jeunes enfants et les femmes enceintes pendant deux à trois heures
- Rincer les toilettes deux fois après utilisation dans les heures qui suivent
Si vous devez passer dans un aéroport ou accéder à une installation nucléaire dans les jours suivants, pensez à demander un certificat médical au centre, car les détecteurs de radioactivité peuvent parfois se déclencher.
L’examen est-il dangereux pour la santé à long terme ?
Non, pas dans le cadre d’une utilisation médicale normale. La demi-vie du FDG (c’est-à-dire le temps nécessaire pour que la moitié de sa radioactivité disparaisse) est d’environ 110 minutes. Après quelques heures, il ne reste pratiquement plus rien dans l’organisme. La dose totale reçue est bien inférieure à celle de certains scanners diagnostiques courants. L’entourage ne court aucun risque sérieux dans des conditions normales de vie quotidienne.