
On vous a prescrit une rectosigmoïdoscopie et vous ne savez pas vraiment ce qui vous attend ? Bonne nouvelle. C’est l’un des examens digestifs les plus simples à préparer. Pas de litre de solution purgative à avaler, pas d’anesthésie générale dans la plupart des cas.
La rectosigmoïdoscopie, c’est quoi exactement et à quoi ça sert ?
La rectosigmoïdoscopie est un examen médical qui permet de visualiser l’intérieur du rectum et du sigmoïde, c’est-à-dire la toute dernière partie du gros intestin. Le médecin introduit par l’anus un tube souple d’environ un centimètre de diamètre, équipé d’une micro-caméra à son extrémité. Cet instrument s’appelle un endoscope (un tube optique muni d’une caméra). L’examen dure entre 5 et 15 minutes et se pratique généralement sans anesthésie générale.
Il sert à détecter des polypes (de petites excroissances sur la paroi intestinale qui peuvent devenir cancéreuses), des inflammations, des saignements ou d’autres anomalies dans cette zone précise, complétant ainsi les outils de dépistage cancer colorectal comme le test immunologique fécal réalisable à domicile. À ne pas confondre avec la coloscopie complète, qui explore l’ensemble du gros intestin et demande une préparation bien plus contraignante.
La préparation est-elle aussi contraignante que pour une coloscopie classique ?
Non, et c’est souvent ce qui surprend et rassure les patients. La coloscopie complète oblige à boire plusieurs litres d’une solution purgative, à suivre un régime strict pendant plusieurs jours et à rester à jeun. Pour une rectosigmoïdoscopie, la préparation est beaucoup plus légère et rapide.
| Ce qu’on compare | Rectosigmoïdoscopie | Coloscopie complète |
| Zone explorée | Rectum et sigmoïde uniquement | Tout le côlon (environ 1,5 mètre) |
| Type de préparation | Lavements uniquement | Grande quantité de solution purgative à boire |
| Régime alimentaire avant | Sans résidus 24 à 48h avant | Sans résidus 3 à 5 jours avant |
| Anesthésie | Généralement aucune | Anesthésie générale ou sédation |
| Durée de l’examen | 5 à 15 minutes | 20 à 45 minutes |
| Jeûne obligatoire | Non | Oui |
Quel régime alimentaire suivre dans les jours qui précèdent l’examen ?
Les aliments autorisés (ce que vous pouvez manger sans problème)
Dans les 24 à 48 heures avant l’examen, adoptez un régime sans résidus. Cela signifie manger des aliments faciles à digérer qui laissent peu de traces dans l’intestin. Sont autorisés sans restriction : le riz blanc, les pâtes blanches, les pommes de terre épluchées et cuites sans peau, le pain blanc (pas complet), les viandes maigres cuites simplement (poulet, jambon blanc dégraissé, poisson vapeur), les œufs, le fromage blanc et les yaourts natures, ainsi que les bouillons clairs, le thé et les tisanes.
Ce qu’il faut absolument éviter avant l’examen
Tout ce qui laisse des résidus importants dans le côlon est à supprimer pendant cette période. Les légumes verts et les légumes secs (lentilles, pois chiches, haricots), les fruits à pépins ou à noyaux, les céréales complètes et le pain complet, les fruits secs et les noix, les charcuteries grasses, les plats en sauce et les fritures sont tous à éviter. Le lait entier est aussi à écarter, tout comme les boissons alcoolisées quelle que soit leur nature.
Le lavement : en quoi ça consiste et comment le faire correctement ?
Un lavement évacuateur est une petite quantité de liquide que vous introduisez vous-même dans le rectum à l’aide d’un flacon prêt à l’emploi (comme le Microlax ou un lavement phosphaté de type Fleet). Ce produit déclenche une évacuation rapide de la partie basse du côlon, permettant au médecin de voir la paroi intestinale sans être gêné par des résidus. Voici comment procéder correctement :
- La veille au soir, réalisez un premier lavement entre 20h et 21h après un dîner léger
- Le matin de l’examen, réalisez un second lavement environ 1 à 2 heures avant votre rendez-vous
- Allongez-vous sur le côté gauche pour introduire la canule du flacon dans le rectum
- Maintenez le contenu du flacon quelques minutes avant d’aller aux toilettes
- Attendez que l’évacuation soit complète et que les selles deviennent claires ou liquides avant de partir
Faut-il être à jeun avant une rectosigmoïdoscopie ?
Non, contrairement à la coloscopie complète. Vous n’avez pas besoin d’être à jeun total avant une rectosigmoïdoscopie. Vous pouvez prendre un petit-déjeuner léger le matin de l’examen (tartines, café ou thé), en restant dans les limites du régime sans résidus.
Il y a une exception : si votre médecin prévoit de réaliser des biopsies (des petits prélèvements de tissu) ou d’autres actes supplémentaires pendant l’examen, comme lorsqu’une gastroscopie et coloscopie sont programmées le même jour, il peut vous demander d’être à jeun.
Quels médicaments faut-il absolument signaler à votre médecin avant l’examen ?
Certains traitements peuvent augmenter les risques pendant l’examen ou nécessiter un ajustement temporaire. Voici la liste des médicaments à signaler impérativement lors de la prise de rendez-vous ou en contactant le secrétariat médical :
- Les anticoagulants comme la warfarine (Coumadine), le rivaroxaban (Xarelto), l’apixaban (Eliquis) ou le dabigatran (Pradaxa), car ils augmentent le risque de saignement si une biopsie est réalisée
- L’aspirine et les anti-inflammatoires (ibuprofène, kétoprofène, naproxène) pour la même raison
- Les antidiabétiques oraux ou l’insuline, à adapter si le repas du matin est modifié
- Les suppléments de fer (comprimés ou sirop), qui colorent les selles en noir et peuvent gêner la visibilité du médecin
- Tout traitement pour la tension artérielle ou pour le cœur, à prendre selon les instructions du médecin référent
L’examen est-il douloureux ? Ce à quoi vous pouvez vous attendre le jour J
La grande majorité des patients décrivent la rectosigmoïdoscopie comme inconfortable plutôt que douloureuse. Vous ressentez une sensation de pression ou de légère gêne lorsque l’endoscope progresse dans le rectum et le sigmoïde. Pour faciliter l’introduction de l’endoscope, le médecin applique un gel lubrifiant anesthésiant local.
Si vous êtes anxieux à l’idée de l’examen, signalez-le à l’équipe soignante avant de commencer. Dans certains cas, une légère sédation peut être proposée. L’examen lui-même dure rarement plus de 15 minutes. Vous repartez seul chez vous juste après, sans période de surveillance post-anesthésique.
Que faire et ne pas faire après la rectosigmoïdoscopie ?

Reprendre l’alimentation et les activités normalement
Dès la fin de l’examen, vous pouvez reprendre une alimentation normale ou quasi-normale. Il est conseillé de commencer par des repas légers et bien cuits pour le reste de la journée, pour laisser votre intestin retrouver son rythme tranquillement.
Vous pouvez reprendre le travail dès le lendemain dans la grande majorité des cas, voire le jour même si votre activité professionnelle n’implique pas d’efforts physiques importants. Vous pouvez aussi conduire seul immédiatement après l’examen, puisqu’aucune anesthésie générale n’est administrée.
Les signes qui doivent vous alerter et pousser à rappeler le médecin
Dans les 24 à 48 heures suivant l’examen, certains symptômes inhabituels méritent un contact rapide avec le médecin ou les urgences, au même titre que les signes à repérer pouvant évoquer un cancer de façon plus générale. Ces complications restent rares mais doivent être prises au sérieux :
- Des saignements importants ou persistants (quelques traces de sang sont normales après une biopsie, un saignement abondant ne l’est pas)
- Des douleurs abdominales intenses qui ne s’améliorent pas après deux heures
- De la fièvre au-dessus de 38 degrés
- Une incapacité totale à aller aux toilettes ou un arrêt complet du transit pendant plus de 24 heures
- Des nausées ou vomissements persistants qui ne cèdent pas
Après l’examen, le médecin vous remet généralement une fiche de surveillance avec les consignes spécifiques à suivre. Gardez-la avec vous pendant les 48 heures qui suivent votre rendez-vous.
