On vous a posé une chambre implantable avant de commencer la chimio. C’est ce petit boîtier sous la peau qui facilite toutes les perfusions.

Mais une fois le traitement terminé, la question se pose inévitablement : combien de temps peut-elle rester en place, et à quel moment faut-il vraiment la retirer ?
Qu’est-ce qu’une chambre implantable exactement ?
La chambre implantable (aussi appelée port-à-cath, PAC ou cathéter totalement implantable) est un dispositif médical placé sous la peau. Elle se trouve le plus souvent juste en dessous de la clavicule (l’os horizontal visible dans le haut du torse), du côté droit ou gauche.
Elle est composée de deux éléments :
- un boîtier, c’est-à-dire la chambre elle-même, d’environ 2 à 2,5 centimètres de diamètre, soit la taille d’une grosse pièce de monnaie ;
- un cathéter, un fin tube souple relié à une grande veine du corps.
À chaque séance de chimiothérapie, l’infirmière insère une aiguille spéciale à travers la peau, directement dans le boîtier, pour perfuser les médicaments.
La chambre ne sert pas uniquement à la chimiothérapie. Elle permet aussi d’administrer des immunothérapies et des thérapies ciblées, et, selon les besoins, d’autres traitements tout au long du parcours de soins.
L’intérêt est double :
- les médicaments arrivent directement dans une grosse veine, ce qui évite d’abîmer les petites veines des bras à force de piqûres répétées ;
- la perfusion est plus confortable, car l’aiguille ne traverse que la peau au-dessus du boîtier, sans qu’il faille chercher une veine à chaque séance.
Combien de temps une chambre implantable peut-elle rester en place ?
Il n’existe pas de limite de durée fixe définie par la médecine. En théorie, une chambre implantable peut rester en place aussi longtemps qu’elle est fonctionnelle et que le patient en a besoin.
Dans la pratique, une étude rétrospective publiée en 2025 auprès de 376 patientes atteintes d’un cancer du sein indique une durée médiane d’implantation de 464 jours, soit un peu plus d’un an. Les durées observées vont de quelques semaines à plus de sept ans : certains dispositifs restent donc en place plusieurs années sans problème.
La durée réelle dépend de plusieurs éléments :
- le type de cancer et le protocole de traitement prévu ;
- la surveillance envisagée après les soins et le risque de rechute ;
- l’état du dispositif, qui doit rester propre, perméable et bien toléré.
Ce qui est certain, en revanche, c’est que le risque de complications (infection, thrombose) ne disparaît pas tant que le dispositif est en place. Raison de plus pour ne pas la garder inutilement.
Quand faut-il retirer la chambre implantable ?
| Situation | Moment recommandé pour le retrait |
| Fin du traitement curatif, pas de suivi nécessaire | Dès que l’oncologue estime le traitement terminé |
| Fin de traitement avec surveillance rapprochée | Quelques mois après la fin, selon l’oncologue |
| Complications (infection, thrombose) | Retrait parfois nécessaire, à décider rapidement avec l’équipe soignante |
| Chimio chronique ou traitement de longue durée | Maintien en place tant que le traitement se poursuit |
La règle générale est claire : il est recommandé de retirer la chambre dès lors qu’elle n’est plus utilisée. La garder « au cas où » sans utilisation régulière expose à un risque accru d’infection et de thrombose (formation d’un caillot dans le cathéter ou dans la veine dans laquelle il est inséré).
Certaines équipes choisissent malgré tout de la conserver quelques mois après la fin des soins, lorsque le risque de rechute est jugé élevé à court terme. L’idée est d’éviter une nouvelle pose si une chimiothérapie devait reprendre. Cette décision se prend au cas par cas avec l’oncologue.
Quelles complications surveiller si on la garde trop longtemps ?
Deux complications principales sont à surveiller.
La première est l’infection. Même sans utilisation, la chambre reste un corps étranger sous la peau, ce qui peut favoriser le développement de bactéries. Or, les défenses immunitaires peuvent rester fragilisées après la chimiothérapie. Adopter un environnement sain post-cancer au quotidien aide à limiter ce risque.
La seconde est la thrombose, c’est-à-dire un caillot de sang dans le cathéter ou dans la veine centrale.
Voici ce qui peut indiquer qu’un problème est en train de survenir :
- Rougeur, gonflement ou écoulement autour du boîtier ou de la cicatrice
- Fièvre inexpliquée ou frissons, sans autre cause identifiée
- Douleur au niveau de la chambre, du cou ou de la zone thoracique
- Gonflement du bras, du cou ou de l’épaule du côté de la chambre
- Gêne pour respirer
Ces signes doivent conduire à une consultation urgente. En dehors des heures d’ouverture, appelez le numéro de continuité des soins donné par votre équipe ou rendez-vous aux urgences.
L’entretien de la chambre est-il nécessaire si on ne fait plus de chimio ?
Oui, si elle reste en place. La chambre doit être rincée régulièrement, même quand elle n’est pas utilisée, pour éviter la formation d’un caillot dans le cathéter (ce que l’on appelle une obstruction).
Ce rinçage est réalisé par une infirmière, à domicile ou à l’hôpital, avec une aiguille spéciale. Le rythme dépend du protocole du centre : il est souvent d’environ toutes les 4 semaines, mais certaines équipes l’espacent jusqu’à 3 mois. Une prescription médicale est généralement nécessaire.
Si vous arrêtez les séances de chimio mais que votre médecin souhaite maintenir la chambre pour un suivi, ces rendez-vous d’entretien doivent être maintenus.
Comment se passe le retrait d’une chambre implantable ?
La bonne nouvelle, c’est que le retrait est nettement plus simple que la pose. Il se réalise :
- en ambulatoire, sans hospitalisation, souvent en hôpital de jour chirurgical ;
- sous anesthésie locale ;
- en environ 30 minutes dans la plupart des cas.
Le médecin fait une petite incision au niveau de la cicatrice existante, retire le boîtier puis le cathéter, et referme avec des fils ou de la colle chirurgicale. Un pansement est ensuite appliqué.
L’oncologue ou l’hématologue fixe la date du retrait une fois qu’il estime que le traitement est terminé et que la chambre n’est plus nécessaire.
Après l’intervention, quelques jours de précautions s’imposent : éviter les efforts et protéger la cicatrice sous la douche, selon les consignes de l’équipe. La récupération locale est rapide, même si la fatigue après-cancer peut, elle, durer plusieurs mois.
La chambre peut-elle être retirée à la demande du patient ?
Oui, un patient peut demander le retrait de sa chambre implantable. Mais cette décision se prend toujours en accord avec l’oncologue.
Si un traitement complémentaire reste envisageable à moyen terme (une immunothérapie de suivi ou l’association de chimio et immunothérapie, par exemple), le médecin peut conseiller de la maintenir encore quelques mois plutôt que de reposer un nouveau dispositif.
Le dialogue avec l’équipe soignante est la meilleure façon de décider du bon moment.
FAQ

Puis-je reprendre le sport et mes activités avec ma chambre implantable ?
Oui, dès la cicatrisation, c’est-à-dire environ 10 à 15 jours après la pose. Vous pouvez alors vous doucher, prendre un bain et nager.
Il faut en revanche éviter les charges lourdes du côté de la chambre, les sangles de sac à dos et les sports violents ou à gestes répétés (rugby, sports de combat, tir, tennis, golf). Demandez conseil à votre médecin selon votre pratique.
Ma chambre implantable gêne-t-elle les examens d’imagerie ou les contrôles de sécurité ?
Non. Elle est compatible avec les examens radiologiques : radiographie, scanner et IRM. Aux portiques des aéroports ou des magasins, les modèles en plastique ne posent aucun problème, et ceux en titane déclenchent rarement l’alarme. Si elle sonne, signalez votre chambre et présentez votre carnet de surveillance. Pensez aussi à informer chaque professionnel de santé que vous êtes porteur d’une chambre.
Le retrait est-il douloureux et laisse-t-il une cicatrice ?
Le retrait se fait sous anesthésie locale : vous ne ressentez pas de douleur, seulement les gestes du médecin sur la peau. Comme l’intervention passe par la cicatrice de la pose, vous ne gardez qu’une seule cicatrice, qui s’estompe avec le temps. Une gêne légère peut persister quelques jours, et votre médecin saura la soulager.
Que se passe-t-il si mon cancer revient après le retrait ?
Si un nouveau traitement par voie intraveineuse devient nécessaire, une nouvelle chambre peut être posée lors d’une courte intervention, le plus souvent en ambulatoire. Cette perspective ne doit pas vous pousser à garder la chambre inutilement : c’est votre oncologue qui évalue le risque de rechute et la meilleure option pour vous.
Le rinçage de ma chambre fait-il mal ?
Vous ressentez au plus un petit pincement quand l’aiguille traverse la peau, puis plus rien. Un patch anesthésiant posé environ une heure avant rend la ponction indolore. N’hésitez pas à en parler à l’infirmière si ce geste vous inquiète.