
On vous a donné un rendez-vous, mais vous ne savez pas à quelle heure vous rentrerez chez vous. Et honnêtement, personne ne vous a vraiment expliqué ce qui vous attend, heure par heure.
Voilà ce qu’il faut savoir avant d’y aller.
Où se passe une première séance de chimiothérapie ?
Dans la grande majorité des cas, la première séance a lieu dans un hôpital de jour d’oncologie (aussi appelé HDJ), parfois dans une clinique spécialisée.
Ce sont des unités dédiées aux patients qui reçoivent leur traitement en ambulatoire, c’est-à-dire sans nuit sur place. On arrive le matin, on repart le soir.
L’accueil se fait généralement du lundi au vendredi, à partir de 8 h 30 selon les établissements.
Une hospitalisation courte de quelques jours peut être proposée dans certains cas, notamment pour surveiller les premières réactions au traitement. Mais ce n’est pas systématique.
Selon le protocole et votre situation, certaines séances peuvent aussi se dérouler à domicile.
Quelle est la durée totale à prévoir pour une première séance ?
C’est la question que tout le monde pose, et la réponse honnête est « ça dépend ». Une séance de chimio peut durer de 30 minutes à plusieurs heures.
Pour une première séance, il faut en général compter entre 3 et 6 heures sur place au total, parfois plus. Pourquoi ? Parce qu’avant la perfusion elle-même, il y a tout un protocole d’accueil, de vérification et de préparation.
La durée dépend aussi des médicaments prescrits. Certains protocoles associent la chimiothérapie à l’immunothérapie : la séance peut alors être plus longue, et les effets secondaires de la chimio immunothérapie ne sont pas exactement les mêmes.
Que se passe-t-il à l’arrivée à l’hôpital ?
À l’arrivée, l’équipe soignante commence par vérifier votre état général et contrôler les résultats de la prise de sang, réalisée la veille ou quelques jours avant la séance.
Cette analyse mesure notamment vos globules blancs, vos globules rouges et vos plaquettes. Elle permet de vérifier que votre corps est en état de recevoir le traitement ce jour-là.
Si les résultats ne sont pas satisfaisants (par exemple si vos défenses immunitaires sont insuffisantes), la séance peut être reportée de quelques jours. C’est une décision médicale normale, pas un signe que les choses vont mal.
Le protocole et la prescription sont également validés avant chaque cure par le médecin et le pharmacien. La poche de chimiothérapie est ensuite préparée, ce qui explique parfois un temps d’attente.
| Étape | Durée approximative |
| Accueil et prise de sang de contrôle | 15 à 30 minutes |
| Consultation infirmière et préparation | 30 à 60 minutes |
| Prémédication (anti-nausées, corticoïdes) | 30 à 45 minutes |
| Perfusion de chimiothérapie | 30 minutes à plusieurs heures |
| Surveillance post-perfusion | 15 à 30 minutes |
Ces durées sont indicatives. Elles varient selon votre protocole et l’organisation du service.
Reçoit-on d’abord des médicaments avant la chimio elle-même ?
Souvent, oui. Avant la perfusion de chimiothérapie, des médicaments préventifs peuvent être administrés selon votre protocole. On les appelle des prémédications.
Leur rôle est de limiter les effets secondaires, notamment les nausées, les réactions allergiques et les inflammations.
Ces médicaments comprennent souvent des antiémétiques (contre les nausées) et des corticoïdes (anti-inflammatoires), parfois des antihistaminiques (contre les réactions allergiques).
Cette étape prend en général entre 30 et 45 minutes.
Comment la chimio est-elle administrée concrètement ?
La chimiothérapie est le plus souvent administrée en perfusion intraveineuse, c’est-à-dire directement dans une veine. Certains traitements existent aussi sous forme de comprimés ou d’injections.
Pour préserver les veines des bras, un cathéter veineux central est généralement mis en place avant le début du traitement. Il peut s’agir d’une chambre implantable, aussi appelée port-à-cath.
Il s’agit d’un petit boîtier placé sous la peau, généralement sous la clavicule, dans lequel l’infirmière insère une aiguille spéciale à chaque séance.
Si ce dispositif n’est pas encore posé lors de la première séance, la perfusion se fait directement dans une veine du bras.
Comment bien se préparer avant le jour J ?
La veille, vérifiez que votre prise de sang a bien été faite et que les résultats ont été transmis au service. Rassemblez aussi vos documents : carte Vitale, ordonnances, courriers médicaux et liste de vos traitements habituels.
Le jour même, choisissez des vêtements confortables et faciles à ouvrir : une manche que l’on remonte jusqu’au coude pour une perfusion au bras, ou un haut qui s’ouvre sur l’avant si vous avez une chambre implantable.
Enfin, notez vos questions sur un papier. Dans le feu de l’action, on oublie souvent l’essentiel.
Peut-on manger, boire ou utiliser son téléphone pendant la séance ?
Oui, en général. Les séances ne nécessitent pas de rester immobile. Vous pouvez lire, regarder une série sur tablette, écouter de la musique, dormir ou discuter tranquillement.
Vous pouvez aussi manger et boire pendant la perfusion, ce qui est même recommandé pour rester hydraté, sauf consigne particulière de l’équipe.
Voici quelques choses utiles à emporter :
- Une bouteille d’eau et quelques en-cas légers
- Un livre, une tablette ou des écouteurs pour passer le temps
- Un plaid ou un pull chaud, car les salles de soin peuvent être fraîches
Un accompagnant est souvent autorisé dans les hôpitaux de jour, ce qui peut rendre la séance beaucoup plus supportable psychologiquement.
Est-ce douloureux pendant la perfusion ?
Non, dans la grande majorité des cas. La pose de l’aiguille dans la chambre implantable peut être légèrement inconfortable, mais une crème anesthésiante peut être appliquée environ une heure avant la séance pour limiter la sensation.
Une fois la perfusion lancée, il n’y a généralement aucune douleur.
En revanche, si une sensation de brûlure ou de douleur apparaît le long du bras pendant la perfusion, il faut le signaler immédiatement à l’infirmière.
À quelle heure peut-on rentrer chez soi ?
L’heure de sortie dépend de la durée de votre protocole et de votre réaction au traitement. En hôpital de jour, la majorité des patients repartent dans l’après-midi ou en début de soirée.
Une période de surveillance d’environ 15 à 30 minutes est généralement observée après la fin de la perfusion, avant le retour à domicile.
Il est fortement conseillé de ne pas conduire ce jour-là, particulièrement après une première séance. Prévoyez un accompagnant ou un moyen de transport, car les effets de la prémédication ou une fatigue soudaine peuvent survenir.
La première séance est-elle différente des suivantes ?
Oui, généralement. Elle est souvent plus longue car elle comprend des vérifications supplémentaires, une surveillance plus attentive des premières réactions et parfois des explications complémentaires de l’équipe soignante.
Les séances suivantes tendent à être plus courtes et plus fluides. Voici ce qui change souvent dès la deuxième séance :
- Le dossier médical est déjà constitué, les vérifications sont plus rapides
- Vous connaissez mieux les locaux et l’équipe soignante
- Vous savez ce qui vous attend, ce qui réduit l’anxiété de façon significative
Dans certains hôpitaux, une infirmière vous appelle même quelques jours après la première cure pour faire le point.
La première séance est toujours la plus stressante. Après, on s’organise.
Questions fréquentes sur la première séance de chimio

Dois-je être à jeun avant ma première séance ?
En général, non. Beaucoup de services recommandent même de prendre un petit-déjeuner avant de venir. Suivez toutefois les consignes de votre équipe, car elles varient selon le protocole.
Puis-je prendre mes autres médicaments le matin de la séance ?
Apportez votre ordonnance et la liste de vos traitements habituels. Demandez à l’équipe ce que vous devez prendre ou non avant la séance.
Les corticoïdes pouvant modifier la glycémie, pensez à signaler un éventuel diabète.
Pourquoi un patient arrivé après moi passe-t-il avant moi ?
Chaque patient suit un circuit de prise en charge différent, selon sa pathologie, son protocole et son état de santé du jour. Ce n’est ni un oubli ni un passe-droit.
Quels effets puis-je ressentir après ma première séance ?
Les réactions varient beaucoup d’une personne à l’autre : nausées, fatigue, bouche sensible ou peau sèche sont fréquentes.
Pour la peau, un bon soin de la peau au quotidien aide à limiter la sécheresse et les irritations.
Surtout, contactez rapidement votre équipe en cas de fièvre à partir de 38 °C ou de frissons, car vos défenses immunitaires peuvent baisser une à deux semaines après la cure.
Puis-je reprendre mes activités dès le lendemain ?
Cela dépend de votre protocole et de votre forme. Certaines personnes retrouvent leur rythme rapidement, d’autres ont besoin de quelques jours de repos. Écoutez votre corps, évitez de trop planifier la semaine qui suit et demandez conseil à votre médecin pour un éventuel arrêt de travail.
Combien de temps la fatigue peut-elle durer ?
C’est très variable. La fatigue s’installe souvent après les premières cures et peut persister plusieurs semaines, parfois davantage après la fin du traitement.
Si vous ressentez une fatigue et jambes lourdes durables, parlez-en à votre médecin : des solutions de soutien, comme la pressothérapie, peuvent être envisagées.